04 juin 2008

Garry Kasparov - RIA Novosti - 2 - no comment

Garry Kasparov nous a publiquement accusé hier d’être une agence de propagande. Je n'en aurais sans doute pas parlé si je n'avais pas publié sans commentaires dans mon billet du 31 mars dernier une petite vidéo avec M. Kasparov qui ne voulait pas répondre à ma question en disant que nous ne publirions rien, une vidéo qui me semblait plutôt rigolote... Cette fois-là RIA Novosti a des commentaires à faire... No comment.

***

RIA Novosti rejette les accusations de Kasparov

MOSCOU, 4 juin - RIA Novosti. L'agence russe d'informations internationales RIA Novosti rejette catégoriquement les allégations de Garry Kasparov, un des leaders du mouvement d'opposition l'Autre Russie, selon lesquelles l'agence ne publie que des textes relevant de la propagande d'Etat.

Intervenant mardi dernier lors d'une rencontre des principaux représentants de l'industrie mondiale de l'information à Göteborg (Suède), M. Kasparov a accusé la rédactrice en chef de RIA Novosti Svetlana Mironiouk, présente au forum, de se livrer à la propagande gouvernementale.

"Les accusations de ce genre sont absolument gratuites et totalement dépourvues de fondements", lit-on dans le communiqué diffusé mercredi par l'agence en réponse aux affirmations de M. Kasparov.

"Depuis le début de l'année, l'agence RIA Novosti a publié environ trois cents dépêches évoquant les activités de M. Kasparov, sans parler d'autres représentants de l'opposition parlementaire et extra-parlementaire. L'année dernière, l'agence a organisé plus de 50 conférences de presse et tables rondes qui ont réuni des membres de différents groupes d'oppositions, dont Vladimir Ryjkov et Irina Khakamada, représentants du Parti communiste de la Fédération de Russie et de l'Union des forces de droite, d'organisations non gouvernementales et non commerciales, et d'associations pour la défense des droits de l'homme", indique le communiqué.

Le document constate que ni M. Kasparov ni ses représentants n'ont jamais demandé à l'agence d'organiser une conférence de presse ou une autre action informationnelle.

"En outre, le site www.inosmi.ru édité par RIA Novosti publie quotidiennement des traductions d'articles tirés de la presse étrangère. Depuis janvier 2001, le site a publié 43 articles de M. Kasparov sur la Russie ", ajoute le communiqué.

RIA Novosti conseille au leader de l'Autre Russie de lire attentivement les dépêches de l'agence avant de faire des déclarations comme celles de Göteborg et lui demande de présenter des excuses publiques. -0-

31 mars 2008

Garry Kasparov - RIA Novosti - no comment

Vidéo enregistrée à Paris le 21 novembre 2007.

RIA Novosti : Bonjour, c'est RIA Novosti, je peux vous poser une question ?

Kasparov : Mais vous ne publierez rien. A quoi bon m'interroger, alors ?

RIA Novosti : Nous verrons bien…

Kasparov : Et bien justement, parce que vous "verrez bien", je ne vous dirai rien…  

RIA Novosti : Juste une question…

Kasparov : Une question, allez… On enregistre, et on verra ensuite…

RIA Novosti : Quelle est aujourd'hui la personne en Russie qui, s'il lui était possible d'obtenir le poste présidentiel, serait capable d'assurer le développement de la Russie dans la bonne direction, d'assurer la stabilité économique, politique et sociale du pays ? Cette personne, ce serait vous ?

Kasparov : Les décisions sont prises non pas par une personne, ni même cinq ou dix. Elles doivent être prises par 140 millions de personnes. L'essentiel est d'assurer les conditions dans lesquelles 140 millions de personnes pourraient faire leur choix sans l'ingérence de forces qui sont intéressées à tel ou tel résultat. Si cette possibilité existait, je peux vous dire avec certitude que ceux qui dirigent la Russie aujourd'hui n'auraient aucune chance de le faire.

Un petit commentaire tout de même: finalement on a publié, au moins dans un blog!

21 mars 2008

Un peu d'ITAR-TASS

TASS.JPG
Au bureau parisien de RIA Novosti on est huit à plein temps aujourd’hui : 3 journalistes russes et 5 collaborateurs français. Ils étaient une trentaine dans les années 70. Sur une vielle photo que garde toujours Dominique Duperron, responsable de photothèque, c’est Vladimir Katine qui dirige l’équipe. Une dizaine de directeurs se sont succédés après, le bureau s’est beaucoup rétréci, mais il n’y a pas un seul parmi mes collaborateurs français d’aujourd’hui qui y travaille moins de 20 ans. Quel drôle d’effet cela doit leur faire quand ils ont comme chef une jeune femme comme moi qui il y a trois ans encore venais travailler à leurs cotés en tant que stagiaire. En effet, on ne devient pas chef du bureau à 30 ans en France, me dit Piotr Smolar du Monde.

Il y a trente ans RIA Novosti s’appelait APN (Agence de presse Novosti) et n'était pas encore une agence de presse dans le sens classique. APN était une agence de propagande, employant les commentateurs et les journalistes qui racontaient la vie en URSS dans la presse étrangère et éditant des dizaines de ses propres magazines partout dans le monde. C’est TASS (Agence télégraphique de l’Union soviétique) qui détenait alors le monopole en terme de « news ». Les bureaux du TASS, avenue Bosquet, notre chauffeur Carlos les connaît bien. En 1977 déjà il y allait tous les matins pour récupérer les dépêches, me raconte-il alors que j’y vais enfin, au bout de 6 mois de travail à Paris,  pour faire la connaissance de Dmitry Gorokhov, chef du bureau.

APN.JPG

Aujourd’hui RIA Novosti n’a plus besoin de dépêches de TASS, depuis 1991 nous sommes nous-même une agence de presse à part entière. La publication de « L’étude soviétique » en France a été arrêtée depuis une vingtaine d’années, et le rez-de-chaussée de nos bureaux est vide sans l'imprimerie qu'il abritait à l'époque.. Tout est en ebullition à Moscou en revanche. La nouvelle « news room » multimédia de RIA Novosti boulevard Zoubovsky à Moscou qui regroupe en 1 100 mètres carrés 300 correspondants et rédacteurs travaillant dans diverses langues avec les textes traditionnels, les photos, les vidéo, l'infographie, etc., a été inaugurée en janvier. Tous les trois on était déjà à Paris, et il est vrai qu’ici, dans le bureau de représentation que nous sommes, il peut nous arriver parfois d’avoir l’impression que cela se passe ailleurs...  

Cela ne dure pas longtemps en tout cas... Grandes tâches et petites tâches, le travail ne manque pas. Mon « marathon d’automne » risque de durer. Partir quelque part tous les week-ends – me conseillait le confrère d’ITAR-TASS. Avec ma BMW, pourquoi ne le fait-on pas, justement ?

***

Des images qui parlent bien de la spécificité de la mission de l’agence TASS et de l’APN à l’époque:

Photo 1: Les ouvriers d’un sovkhoz écoutent la dépêche de TASS sur le vol du vaisseau spatial Vostok avec Youri Gagarine à bord (le 14 avril 1961). © RIA Novosti  

Photo 2: Les dirigeants de l’Agence de presse Novosti (APN) montrent à Youri Gagarine des articles de l’APN sur les succès de l’industrie spatiale soviétique publiés dans la presse internationale (le 14 avril 1964). © RIA Novosti

 

15 mars 2008

Moscou - Vilnus - Paris

IMG_1313.JPG
Les locaux de RIA Novosti à Paris pourraient sans doute raconter beaucoup de choses. Notre bureau parisien occupe un très bel hôtel particulier à 4 étages de la fin du 19ème dans un quartier bourgeois mais convivial du 17ème arrondissement depuis une trentaine d’année, il parait d’ailleurs que l’agence y a déménagé pile l’année de ma naissance. Ambassade de Lituanie avant 1940, le bâtiment a été repris par l’URSS une fois la république balte est devenue soviétique. Pendant la guerre c’est la SS qui s’y installe. Nos vastes caves avec une sorte de cellules font en effet penser aux détenus. Ensuite jusqu’à la fin des années 1970 il abrite les services consulaires de l’Ambassade de l’URSS. L'histoire litigieuse avec la Lituanie n'aurait été réglée qu'en 2005 – on me raconte qu’à la fin des années 90 encore il y avait des activistes français devant nos fenêtres qui manifestaient en exigeant la restitution de l’immeuble aux lituaniens.
Un article du Figaro de 1999 apporte plus de details sur cette histoire. Il raconte que c’est en 1925 que l’hôtel Fournier a été acheté par le premier ambassadeur de Lutuanie en France, qu’en 1940 au lendemain de l’entrée de la Lituanie dans l’URSS le gouvernement Vichy demande de suspendre le fonctionnement de la légation, que l’ambassadeur lituanien refuse de livrer l’hôtel aux sovietique et en remet les clés a la préfecture de police. Le bâtiment est alors occupé par Moscou. L’ambassadeur balte meurt en Sibérie.

Comme par magie le soir-même où Carlos Christiny, 30 ans à l’agence, me sort cet article, je tombe, en faisant une petite promenade dans le quartier, sur l’actuelle ambassade de Lituanie, nous sommes en fait pas loin l’un de l’autre, juste le parc Monceau à traverser. Drôle de sentiment...

Photo: L'entrée principale, coté place du Général Catroux. D.R.

 

14 mars 2008

Quoi de neuf à Moscou?

J’ai appris le français à l’université. Je l’ai choisi un peu par hasard parmis d’autres langues européennes, et je l’ai tout de suite aimé. Des heures de travail quotidien dans la salle audio et le premier voyage en France après la première année d’études sont déjà loin. Voilà 6 mois que je travaille à Paris. Je suis, comme le dit une collègue à Londres, une « jeune chef », c’est vrai – je dirige le bureau parisien de l'agence de presse russe RIA Novosti et mes collaborateurs français ont parfois presque le double de mon âge.

Travailler à Paris a toujour été un rêve, il se réalise maintenant, mais impossible d’en profiter pleinement – tant j'ai la tête au travail. C'est « un marathon d’automne », dirais-je en Russie en renvoyant au célèbre film soviétique du même nom...

"Novosti" veut dire "nouvelles", "news" et RIA Novosti est une agence d’information. Quoi de neuf (à Moscou)? Rendez-vous sur le site de RIA Novosti en russe, en français ou en anglais. Quant à mon blog, il n'est pas sur l'actualité, ce ne seront que de petits épisodes disparates de cette nouvelle expérience parisienne, sans doute à la limite entre le professionnel et le personnel, et sûrement sans aucune régularité..