15 septembre 2008

Quelques heures à Grozny

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Des l’atterrissage à l’aéroport de Grozny l’impression est étrange, surréaliste. Vous voilà sur cette terre qui a tant souffert de guerres et qui vous a toujours semblé très loin, à vous qui vivez en paix. Sous le ciel trop bleu et trop lourd, sous le soleil et la musique particulièrement éclatants, les visages des jeunes tchétchènes dans les costumes nationaux qui bordent votre passage, souriants, vous avez envie d’en regarder chacun et de leurs sourire en retour comme si vous leurs étiez redevable de quelque chose…

Avec les participants du Club Valdaï je suis à Grozny pour rencontrer le président de la Tchétchénie Ramzan Kadyrov. Une visite éclaire de la capitale tchétchène est également prévue.

Trois ans après son premier voyage en Tchétchénie Eric Hoesli ne reconnaît pas la ville. “A l’époque il n’y avait rien, que des ruines”, raconte-t-il. Or on voit des maisons toutes neuves, une belle mosquée toute neuve, des routes et des trottoirs tout neufs, et tout est très propre même si des travaux sont ici et là, et tout est … paisible même si le trafic semble un peu désorganisé dans le centre ville. Le sentiment surréaliste des premières minutes ne me quitte pas, je continue à regarder dans les visages de tous ces gens qui nous entourent: officiels, policiers, ouvriers, simples passants, en me demandant qu’est-ce que cela fait de vivre en Tchétchénie, dont le nom même est devenu pour nous un symbole de guerre et d’atrocités?

Kazbek Agmadov ne sourit pas beaucoup et ne vous regarde presque pas quand il vous parle, mais ce jeune et beau premier vice-ministre des relations extérieures de la République tchétchène qui a vécu dix ans à Moscou où il a fait ses études, vous fait noter son numéro de téléphone. Un autre jeune homme en costume et cravate noires vous dit d’enlever vos lunettes de soleil aussitôt après vous avoir salué. Vous vous exécutez sans avoir le temps de réfléchir. “Ils sont beaux, tes yeux, ne remets plus tes lunettes” - vous souriez, même si après un an à Paris vous êtes un peu choqué par une telle spontanéité… Caucase!  

Il y a trois ans encore on ne pouvait pas se rendre en toute sécurité dans cette république caucasienne où l’ordre était encore précoce. “J’ai essayé plusieurs pistes, et on me disait que ce ne serait possible que si je voyageais avec un camion de fric - au cas où on voudrait m’enlever”, dit Eric Hoesli, qui avait finalement pu y aller accompagné du secrétaire du Conseil de la sécurité de la Tchétchénie en personne et ses hommes, en avril 2005. Un an plus tôt le président tchétchène Akhmat Kadyrov se faisait tuer par une explosion alors qu’il assistait au défilé du 9 mai dans un stade à Grozny. Deux ans plus tard, en avril 2007, c’est son fils âgé de trente ans, Ramzan Kadyrov, qui devenait président.

La ville de Goudermes se trouve à une quarantaine de kilomètres de Grozny. C’est par là, près de son village natale, que Ramzan Kadyrov a fait installer sa résidence présidentielle. Cet ancien garde du corps, puis le chef du service de sécurité de son père, avait d’abord combattu avec lui du coté des séparatistes pendant la “première guerre de Tchetchenie” de 1994-96 avant de rallier les rangs des forces fédérales russes en 1999, au commencement de la “deuxième guerre” et au moment même de la nomination soudaine de Vladimir Poutine au poste de premier-ministre.

Ramzan Kadyrov nous accueille donc dans sa résidence qui semble être tout juste construite, avec les carreaux qui sont en train d’être posés. Impression trompeuse: les carreaux sont reposés, pour la troisième fois déjà, car “cela n’a pas plu”, confie un des jeunes ouvriers. Le président tchétchène se dit ouvert à toutes les questions. Son russe n’est pas parfait. Il ne l’aurait appris qu’il y a huit ans, selon un collègue de RIA Novosti. Ce docteur en droit esquive quand on lui pose une question sur le sécularisme, apparemment il ne comprend pas de quoi il s’agit. “C’est un bandit”, dit Eric Hoesli. “Est-il vraiment un bandit?”, doute Hélène Carrère d’Encausse. Lui-même préférerait sûrement dire qu’il “s’était trompé de chemin”, comme il appelle lui-même les 7000 autres combattants tchétchènes qu’il a fini par amnistier.

Ce père de cinq enfants fait un peu peur, mais il touche un peu aussi, car il se montre cruel et humain en même temps. Cruel quand il parle par exemple de Chamil Bassaev, un des lideurs séparatistes tchétchènes lui-même connu par sa cruauté, qui serait responsable de plusieurs actes terroristes, y compris la prise d’otages dans un théâtre à Moscou en 2002 qui a fait 130 victimes: “L’annonce de sa mort a été pour moi une grande fête, mais en même temps elle m’a aussi attristé, parce que je voulais le faire moi-même”. Touchant quand il parle de son zoo personnel installé dans sa résidence présidentielle. “Il y a des tigres, des lions, des guépards, des léopards, j’aime parler avec eux, cela m’apaise”, raconte-t-il, attendri. Il se montre aussi religieux, comme tous les tchétchènes. “En exécutant Sadam Hussein le jour qui est un jour saint dans l’islam ils m’ont humilié en tant que musulman, ils ont humilié le monde musulman dans son ensemble”, dit-il des Etas-Unis.

Dans le bus qui nous ramène à nouveau à l’aéroport de Grozny le jeune Kazbek du service de protocole du président nous apprend que c’est le dixième jour de ramadan. Il n’a donc pas mangé ni bu de la journée. Mais il fait enfin nuit, sa mère l’appelle, elle l’attend, il ne tardera pas de rentrer. 

Photo: Un jeune tchétchène danse devant les participants du Club Valdaï. L’aéroport de Grosny, le 10 septembre 2008. © RIA Novosti.

 

Commentaires

Il clima surrealista è ben reso!
Mi piacerebbe parlarne à Paris.
Conosci l'opera di François-Xavier de Maistre, "I prigionieri del Caucaso"?

L’opera di François-Xavier de Maistre è eclissata dalla maggior gloria letteraria del fratello Joseph, ma i suoi scritti ebbero nell’Ottocento un’ampia fortuna, pari a "Les soirées de Saint-Pétersbourg". Nel 1826, dagli Stati Uniti, il viaggiatore Carlo Vidua scrisse a Luigi Maistre (cugino degli scrittori): «Ho trovato alla Nuova Orleans un’ultima edizione delle opere di Xavier Maistre, in cui v’è un’opera nuova di lui stampata di recente, il cui titolo è Promenade autour de ma chambre, pienissima di spirito. – Fin il vescovo ne era rapito. Questo vescovo monsignor Du-Bourg è egli stesso un uomo pieno di spirito. – Abbiamo fatto stretta conoscenza. – Ma tu fa conoscenza con quel libro».
A San Pietroburgo, trovai, nel 1998, alla libreria antiquaria presso il Kafe Literaturnoje sulla Prospettiva Nevskij, alcuni scritti di Xavier (testimonianza della loro grande diffusione in Europa), come la rara edizione di fine Settecento del "Voyage autor de ma chambre", , e le opere complete stampate a Parigi da Garnier (senza data, ma del 1862) con la nota biografica curata da Charles Augustin de Sainte-Beuve, che tanto apprezzava la grazia, la freschezza e l’arguzia dello scrittore. A più di duecento anni dalla nascita, la critica ha dimenticato l’eccentrica figura di Xavier: un ufficiale del Regno di Sardegna, che si oppose nel 1792 all’invasione della Savoia da parte delle truppe rivoluzionarie e preferì l’esilio in Russia, dove diventò generale dell’esercito, combattendo con i cosacchi nelle campagne del Caucaso. Strano, pare che non ci sia niente da aggiungere sulla sua vita e, dopo una fortuna divulgativa testimoniata da belle traduzioni (come quelle italiane d’Alvise Zorzi), la luce si è spenta intorno alla sua opera.
"Les prisonniers du Caucase" (secondo le fonti francesi a noi accessibili, fu iniziato nel 1819, edito in un volume d’Oeuvres complètes de Xavier de Maistre nel giugno 1825), ebbe una gran fortuna nella seconda metà dell’Ottocento: in Francia si stamparono edizioni pregiate, celebre quella di Ferroud con le illustrazioni di Julien Le Blant; Voyage autour da ma chambre fu il racconto più pubblicato e, nel 1878, Anatole France gli dedicò una bella prefazione. All’inizio del Novecento l’opera di Xavier sembrò confinata ad un solo scritto, il celebre "Voyage", nonostante il brillante giudizio di Paul Hazard sull’opera complessiva di Xavier: «dans le domaine intermédiaire entre les émotions superficielles et les passions obscures de l’âme, il était roi». Oggi, in Italia, finalmente, è ripresentata dalle Edizioni Il Polifilo, l’importante opera "I prigionieri del Caucaso", arricchita da una presentazione di Pia Pera (che indica il 1815 come data della prima edizione). Nel breve racconto sull’ufficiale russo e il suo attendente, rapiti a scopo di riscatto dai Ceceni, e tenuti in ostaggio in un villaggio caucasico fino alla loro avventurosa fuga, si scopre un capolavoro dimenticato e una vicenda attuale, benché originale e lontana. La storia narra di due prigionieri: Kascambo, maggiore d’origine greca caduto in mano ai Ceceni per imprudenza, e il suo aiutante russo, il dencik Ivan, che appare come il vero protagonista del racconto. L’uomo russo disprezza i Ceceni, «belli e coraggiosi», perché conosce la loro vera indole di crudeltà; Ivan attraverso il suo ingegno riesce a liberare Kascambo dalla prigionia, durata quindici mesi, e non indugia a farsi credere musulmano per poi ammazzare anche donne e bambini Ceceni. All’inizio e alla fine di questo perfetto e scarno racconto appaiono «i bravi Cosacchi», una specie di guardia scelta dai Russi per arrestare la furia della «razza di briganti», che abitano «le montagne del Caucaso, da tempo racchiuse entro i confini dell’impero russo pur senza appartenervi».

A presto, Roberto

Ecrit par : Roberto Coaloa | 18 septembre 2008

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