06 mai 2008
De Paris à Dakar, souvenirs russes
Sénégal, voilà un pays auquel on ne pense pas souvent en Russie en faisant des projets de vacances. Les russes vont beaucoup en Afrique du nord, l’Egypte étant une de leurs destinations africaines les plus prisées, mais au delà le tourisme russe est quasi inexistant. « Parmi les citoyens russes ce ne sont que des membres des equipes participant au rallye Paris-Dakar qui se rendent régulièrement au Sénégal. D’une façon irrégulière visitent le pays des yachtsmen russes», dit le site de l’Ambassade de Sénégal en Russie. Il apprend également que c’est dans le… football que les relations russo-sénégalaises sont les plus actives, plusieurs footballers sénégalais jouant dans des clubs russes, notamment dans le Spartak et le Dinamo.
Mais nous sommes en France, et le nom de ce pays francophone de l’ouest de l’Afrique subsaharienne est presque immédiatement apparu à l’ordre du jour quand on cherchait où aller pour les vacances scolaires d’avril. Amis parisiens, agents de voyages, ils étaient plusieurs à nous conseiller le Sénégal. On n’en connaît rien et cela a l’air exotique - c’est donc décidé.
Sans doute étions-nous les premiers russes à demander le visa au Sénégal à son Ambassade à Paris. Mauvaise surprise nous attend – pour la Russie une consultation de Dakar est exigée ! Trois semaines plus tard Dakar n’ayant jamais répondu (!), on débarque au Sénégal avec des visas qu’il faut renouvler sur place car ils ne couvrent pas l’integralité de notre sejours.
On est au bord de l’océan, à 2 heures de Dakar, et du coup appeler l’Ambassade de Russie pour demander leur aide demande un vrai effort. Après le premier contact avec le consul c’est l’ambassadeur lui-même qui se charge de notre dossier. Joint au téléphone, il m'émerveille par son extrême gentillesse. Il ne peut rien garantir, mais il fera tout le possible pour régler notre petit problème. Pas besoin qu’on fasse un détour à Dakar, « les routes ici ne sont pas à la hauteur, je ne veux pas vous faire passer une telle épreuve », il va nous envoyer son chauffeur pour récupérer nos passeports... « Je me souviens bien de vous », me dit-il à la fin. Pas possible, il se trompe évidemment. Non, il ne se trompe pas, Alexandre Vassilievitch Choulguine. On s’est en effet rencontré à Moscou il y a trois ans pendant une réunion au Ministère des affaires étrangères, il était alors directeur adjoint du Premier département de l’Europe chargé des relations avec la France , moi – travaillais dans la section française du Département des relations internationales de RIA Novosti. Je n’en reviens pas, tellement cette coïncidence me semble impossible... Lui aussi a été plus que surpris. « Mais qu’est-ce qu’elle fait dans notre petit coin du monde oublié par le dieu ?! », était sa première pensée. C’est que s’il y en a du tout, les touristes russes venant chaque année au Sénégal se comptent sûrement avec les doigts d’une main !
Ils sont une trentaine à Dakar, dont 10 diplomates, « 11 avec moi », précise l’ambassadeur quand on lui rend une visite-surprise profitant d’une excursion qui nous amène jusqu’à Dakar. Il connaît bien les locaux de RIA Novosti place du Général Catroux à Paris, il a été en poste en France quand notre immeuble était encore occupé par l’Ambassade, il y a plus de trente ans... Il y avait donc déjà un marché et un Monoprix rue Lévis à l’époque... Alexandre Vassilievitch nous raconte comment s’est réglée la question de nos visas. Comme par hasard (toujours !) il a un rendez-vous avec le ministre sénégalais de l’intérieur, celui-ci parle entre autres de sa volonté de favoriser le tourisme russe au Sénégal – mais justement, lui dit l’ambassadeur, et nos passeports lui sont donc transmis en personne...
Le Sénégal n’existait pratiquement pas pour moi avant. Je n’était pas loin de ce « guide » - tout le monde est guide là-bas dans les zones touristiques – qui nous aborde sur la plage : « La Russie ? Je ne connais pas de tel pays ». J’en sais un tout petit peu plus maintenant, au moins pourrais-je aider Jean-Marie Bigard et Laurent Baffie, sur lequels je tombe en changeant de chaine au moment de finir ce billet, à choisir, dans cet episode de Qui veut gagner des millions, entre Le Mali, Le Niger, La Gambie et la Mauritanie en répondant à la question « Lequel de ces pays dAfrique n’a pas de frontière commune avec le Sénégal ? ». Et, même si le dernier Ramses de l’IFRI que je prends avec moi au Sénégal et qui y consacre un article n’en dit rien, je sais aussi, encore grâce au site de l’Ambassade de Sénégal en Russie, qu’en octobre 2002 un accord de partenariat dans le demaine d’échange d’information a été signé entre la compagnie sénégalaise Soleil-Grafisol et ... RIA Novosti !
00:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : russie, senegal, vacances, dakar, visas
13 avril 2008
Xavier Emmanuelli - Léonid Rochal - bon anniversaire!
Rendez-vous au siège de la Samusocial de Paris dans le 12ème pour rencontrer le docteur Xavier Emmanuelli, son fondateur et président. Non, ce n’est pas pour une dépêche d’actualité, c’est pour enregistrer un petit clip vidéo à l’occasion du 75ème anniversaire de son confrère et ami russe – le docteur Léonid Rochal. Personnalité peu ordinaire, ce chirurgien russe est directeur de l'Institut de recherches en urgences chirurgicales et en traumatologie pédiatrique. Il est aussi président de la Fondation internationale de l’aide aux enfants en situations de catastrophes et d'opérations militaires qu’il crée en 1988 après le tremblement de terre de Spitak, en Arménie. Léonid Rochal aidera également à monter la Samusocial de Moscou qui se consacrera à aider les sans-abris les plus vulnérables - les enfants.
Cela se fait beaucoup chez nous, lorsqu'une personnalité de la vie publique fête un anniversaire marquant, que d'autres personnalités et organisations lui rendent hommage. Il n'y pas de telle coutume en France, m'alertent mes collaborateurs français. Pas évident de demander aux gens de souhaiter publiquement son anniversaire à qui que ce soit. On prépare une lettre à M.Emmanuelli où on parle de cette tradition. On explique bien notre démarche. « L'Agence d'information internationale de Russie RIA Novosti, qui compte plus d'une quarantaine de bureaux à l'étranger, a décidé de s'associer pleinement et concrètement à cet hommage. L'activité du professeur Rochal s'étendant bien au-delà des frontières de la Russie , il nous a semblé naturel de recueillir des témoignages de personnalités marquantes de la vie publique internationale, engagées notamment, comme le professeur Rochal, dans le combat médical et sanitaire ».
M.Emmanuelli, qui a été également un des fondateurs des « Médecins sans frontières », nous accueille chaleureusement et simplement, il semble ravi de parler de son ami russe – « un homme de courage et de générosité ». Comme par hasard, Il le revoit le soir-meme à Paris. « Léonid vient simplement pour qu’on se voie ». Il nous invite à les rejoindre pour avoir des images de leur rencontre. Alléchant d'une part, et Carlos est prêt à m'accompagner, mais je décline, maintenant c'est à moi que cela semble un peu trop... pour un anniversaire!
23:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : russie, russe, samusocial, anniversaire, rochal, emmanuelli
31 mars 2008
Garry Kasparov - RIA Novosti - no comment
Vidéo enregistrée à Paris le 21 novembre 2007.
RIA Novosti : Bonjour, c'est RIA Novosti, je peux vous poser une question ?
Kasparov : Mais vous ne publierez rien. A quoi bon m'interroger, alors ?
RIA Novosti : Nous verrons bien…
Kasparov : Et bien justement, parce que vous "verrez bien", je ne vous dirai rien…
RIA Novosti : Juste une question, et si vous répondez…
Kasparov : Une question, allez… On enregistre, et on verra ensuite…
RIA Novosti : Quelle est aujourd'hui la personne en Russie qui, s'il lui était possible d'obtenir le poste présidentiel, serait capable d'assurer le développement de la Russie dans la bonne direction, d'assurer la stabilité économique, politique et sociale du pays ? Cette personne, ce serait vous ?
Kasparov : Les décisions sont prises non pas par une personne, ni même cinq ou dix. Elles doivent être prises par 140 millions de personnes. L'essentiel est d'assurer les conditions dans lesquelles 140 millions de personnes pourraient faire leur choix sans l'ingérence de forces qui sont intéressées à tel ou tel résultat. Si cette possibilité existait, je peux vous dire avec certitude que ceux qui dirigent la Russie aujourd'hui n'auraient aucune chance de le faire.
Un petit commentaire tout de même: finalement on a publié, au moins dans un blog!
19:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kasparov, russie, ria novosti, pouvoir, oppositon, presse
21 mars 2008
Un peu d'ITAR-TASS
Au bureau parisien de RIA Novosti on est huit à plein temps aujourd’hui : 3 journalistes russes et 5 collaborateurs français. Ils étaient une trentaine dans les années 70. Sur une vielle photo que garde toujours Dominique Duperron, responsable de photothèque, c’est Vladimir Katine qui dirige l’équipe. Une dizaine de directeurs se sont succédés après, le bureau s’est beaucoup rétréci, mais il n’y a pas un seul parmi mes collaborateurs français d’aujourd’hui qui y travaille moins de 20 ans. Quel drôle d’effet cela doit leur faire quand ils ont comme chef une jeune femme comme moi qui il y a trois ans encore venais travailler à leurs cotés en tant que stagiaire. En effet, on ne devient pas chef du bureau à 30 ans en France, me dit Piotr Smolar du Monde.
Il y a trente ans RIA Novosti s’appelait APN (Agence de presse Novosti) et n'était pas encore une agence de presse dans le sens classique. APN était une agence de propagande, employant les commentateurs et les journalistes qui racontaient la vie en URSS dans la presse étrangère et éditant des dizaines de ses propres magazines partout dans le monde. C’est TASS (Agence télégraphique de l’Union soviétique) qui détenait alors le monopole en terme de « news ». Les bureaux du TASS, avenue Bosquet, notre chauffeur Carlos les connaît bien. En 1977 déjà il y allait tous les matins pour récupérer les dépêches, me raconte-il alors que j’y vais enfin, au bout de 6 mois de travail à Paris, pour faire la connaissance de Dmitry Gorokhov, chef du bureau.
Aujourd’hui RIA Novosti n’a plus besoin de dépêches de TASS, depuis 1991 nous sommes nous-même une agence de presse à part entière. La publication de « L’étude soviétique » en France a été arrêtée depuis une vingtaine d’années, et le rez-de-chaussé de nos bureaux est vide sans la tipographie qu'il habritait à l'époque.. Tout est en eboulition à Moscou en revanche. La nouvelle « news room » multimédia de RIA Novosti boulevard Zoubovsky à Moscou qui regroupe en 1 100 mètres carrés 300 correspondants et rédacteurs travaillant dans diverses langues avec les textes traditionnels, les photos, les vidéo, l'infographie, etc., a été inaugurée en janvier. Tous les trois on etait déjà à Paris, et il est vrai qu’ici, dans le bureau de représentation que nous sommes, il peut nous arriver parfois d’avoir l’impression que cela se passe ailleurs...
Cela ne dure pas longtemps en tout cas... Grandes tâches et petites tâches, le travail ne manque pas. Mon « marathon d’automne » risque de durer. Partir quelque part tous les week-ends – me conseillait le confrère d’ITAR-TASS. Avec ma BMW, pourquoi ne le fait-on pas, justement ?
22:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : russie, presse, urss, sovietique, tass, ria novosti, multimedia
15 mars 2008
Moscou - Vilnus - Paris
Les locaux de RIA Novosti à Paris pourraient sans doute raconter beaucoup de choses. Notre bureau parisien occupe un très bel hôtel particulier à 4 étages de la fin du 19ème dans un quartier bourgeois mais convivial du 17ème arrondissement depuis une trentaine d’année, il parait d’ailleurs que l’agence y a déménagé pile l’année de ma naissance. Ambassade de Lituanie avant 1940, le bâtiment a été repris par l’URSS une fois la république balte est devenue soviétique. Pendant la guerre c’est la SS qui s’y installe. Nos vastes caves avec une sorte de cellules font en effet penser aux détenus. Ensuite jusqu’à la fin des années 1970 il abrite les services consulaires de l’Ambassade de l’URSS. L'histoire litigieuse avec la Lituanie n'aurait été réglée qu'en 2005 – on me raconte qu’à la fin des années 90 encore il y avait des activistes français devant nos fenêtres qui manifestaient en exigeant la restitution de l’immeuble aux lituaniens.
Un article du Figaro de 1999 apporte plus de details sur cette histoire. Il raconte que c’est en 1925 que l’hôtel Fournier a été acheté par le premier ambassadeur de Lutuanie en France, qu’en 1940 au lendemain de l’entrée de la Lituanie dans l’URSS le gouvernement Vichy demande de suspendre le fonctionnement de la légation, que l’ambassadeur lituanien refuse de livrer l’hôtel aux sovietique et en remet les clés a la préfecture de police. Le bâtiment est alors occupé par Moscou. L’ambassadeur balte meurt en Sibérie.
Comme par magie le soir-même où Carlos Christiny, 30 ans à l’agence, me sort cet article, je tombe, en faisant une petite promenade dans le quartier, sur l’actuelle ambassade de Lituanie, nous sommes en fait pas loin l’un de l’autre, juste le parc Monceau à traverser. Drôle de sentiment...
20:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : russie, lituanie, presse, medias, moscou, paris, ria novosti
14 mars 2008
Quoi de neuf à Moscou?
J’ai appris le français à l’université. Je l’ai choisi un peu par hasard parmis d’autres langues européennes, et je l’ai tout de suite aimé. Des heures de travail quotidien dans la salle audio et le premier voyage en France après la première année d’études sont déjà loin. Voilà 6 mois que je travaille à Paris. Je suis, comme le dit une collègue à Londres, une « jeune chef », c’est vrai – je dirige le bureau parisien de l'agence de presse russe RIA Novosti et mes collaborateurs français ont parfois presque le double de mon âge.
Travailler à Paris a toujour été un rêve, il se réalise maintenant, mais impossible d’en profiter pleinement – tant j'ai la tête au travail. C'est « un marathon d’automne », dirais-je en Russie en renvoyant au célèbre film soviétique du même nom...
"Novosti" veut dire "nouvelles", "news" et RIA Novosti est une agence d’information. Quoi de neuf (à Moscou)? Rendez-vous sur le site de RIA Novosti en russe, en français ou en anglais. Quant à mon blog, il n'est pas sur l'actualité, ce ne seront que de petits épisodes disparates de cette nouvelle expérience parisienne, sans doute à la limite entre le professionnel et le personnel, et sûrement sans aucune réguliarité!
21:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : moscou, paris, ria novosti, russie, journaliste, presse



